Littérature

De l’économie circulaire open source au concept de Paysage

De l’économie circulaire open source au concept de Paysage

Par Xavier Coadic et Théo Vital

Avant-propos

Nous décidons, dans cet article, d’utiliser l’orthographe Tiers-Lieu(X) pour signifier une appellation au concept de configuration sociale libre et open source réutilisable car décrit, au-delà des productions matérielles documentées sous licence libre, comme il est défini sur la plateforme movilab.org

“Le Tiers Lieux s’envisage comme l’ordinateur des villes et des organisations. Ses murs et ses ressources matérielles sont le boîtier, la machine vide, creuse, dont le design diffère en fonction des goûts et des moyens. Les communautés sont les logiciels, les différents services qui animent la machine. Le patrimoine informationnel commun, soit ici Movilab, est le système d’exploitation qui assure le lien entre la machine et les services.”

Dans cet article écrit à plusieurs mains nous ferons appel à la déconstruction deleuzienne sur le concept de territoire administratif et son usage dans le langage courant puis nous utiliserons le concept de Paysage introduit par Gilles Clément pour réinstituer l’économie circulaire open source et les Tiers-Lieu(X) dans une démarche de transformation de la société aux services des humains et de la biosphère.

Tiers-Lieu(X) et économie circulaire

En juin 2017, l’article du Circulate News, écrit pour la Fondation Ellen Mac Arthur par Xavier Coadic, traitait de l’intérêt d’une économie circulaire open source propulsée par les Tiers-Lieu(X) en France. Le travail de réflexion et de rédaction devait mettre en évidence cette économie circulaire open source comme levier d’innovation et de transformation de la société.

Il nous est apparu que ce travail pouvait être plus approfondi et traité dans une prospection collective poussant la réflexion et les axes de progression plus loin vers un début de “définition minoritaire”. Il s’agit, dans un premier temps, de faire en sorte que “les gens pensent” et sachent trouver des “lignes de fuite” fragmentaires, avoir la “sagesse du milieu” et profiter des “interstices” du système (pour reprendre des expressions de Gilles Deleuze). La conclusion ouverte de ce travail rédactionnel pour la Fondation Ellen Mc Arthur nous permet d’aborder humblement un travail de définition sur l’économie circulaire open source comme potentiels leviers dans les étapes vers une conception politique du Tiers-Lieu(X) : “Elle a pour ambition de formuler les fondements et les usages possibles d’une conception politique du tiers-lieu.” Dr Antoine Buret

L’inscription du Tiers-Lieu(X) dans son environnement

“De ce point de vue, il sera observé que le tiers-lieu ne possède pas de forme imposée de devenir et que cette singularité en fait un objet tout à fait subversif. C’est également de cette perspective qu’il sera possible d’envisager une conception politique du tiers-lieu. En projetant par exemple, le tiers-lieu comme un service qui place les personnes dans des situations de rencontre pour prendre des décisions sur des sujets qui les concernent directement ou sur des sujets qui engagent la société tout entière. C’est précisément ce déploiement du tiers-lieu dans une dimension d’institution du consensus politique que projette cette intervention.”Dr Antoine Burret

Conception:

  • Manière particulière de comprendre une question ; opinion, représentation, idée que l’on peut se faire de quelque chose : Des conceptions politiques.
  • Action d’élaborer quelque chose dans son esprit, de le concevoir ; résultat de cette action : conception d’un bateau

Il ne faut pas voir les Fablabs et autres Tiers-Lieu(X) comme uniquement 4 murs et un toit. Un Tiers-Lieu(X) c’est que nous y faisons, c’est une configuration sociale. Les communautés de pratiques sont la brique élémentaire de ces lieux. Elles tendent à créer leurs propres processus de collaboration distribués et décentralisés. Un FabLab, ou un hackerspace c’est avant tout des communautés fondées et cultivées par des individus, c’est un ensemble de pratiques qui dépassent le lieu en lui même et irriguent la cité, le terroir, le paysage, la société. Les acteurs de ces lieux tendent à créer un environnement au sein duquel les conditions d’écriture d’une histoire commune est possible.

Pour permettre ce récit commun dans un Tiers-Lieu(X) ou un Fablab, il est nécessaire de définir un langage commun. Un effort important dès le début du projet pour défendre un projet de création de Fablab auprès des autorités locales par exemple.

Qu’est-ce que ce langage commun en un exemple graphique ?

L’économie circulaire et ses enjeux

En France, l’économie circulaire est définie autour de 7 axes principaux :

(1) L’éco-conception & management environnemental ; (2) L’échange de ressources secondaires entre entreprises (l’écologie ou la symbiose industrielle) ; (3) L’économie de fonctionnalité peu génératrice de déchets, et plus largement les business modèles innovants ; (4) Le réemploi ; (5) La réparation ; (6) La réutilisation ; (7) Le recyclage.

L’économie circulaire est un concept économique qui s’inscrit dans le cadre du développement durable et qui s’inspire notamment des notions d’économie verte, d’économie de l’usage ou de l’économie de la fonctionnalité, de l’économie de la performance et de l’écologie industrielle (laquelle veut que le déchet d’une industrie soit recyclé en matière première d’une autre industrie ou de la même). Une telle économie fonctionne en boucle, se passant ainsi de la notion de déchet. Son objectif est de produire des biens et services tout en limitant fortement la consommation et le gaspillage des matières premières, et des sources d’énergies non renouvelables.Wikipedia

Le réinvestissement dans le capital naturel est encore un point trop rarement traité et peu considéré dans l’Hexagone. Ce qui pose un problème systémique d’ampleur. Ce qui est en jeu, c’est la culture de la collaboration comme levier de résilience face aux changements climatiques et à l’urgence écologique.

Résilience = Quand la nature reprend ses droits – CC BY Anthony Fino on Flickr

Quelle est l’utilité de l’open source dans l’économie circulaire ? L’open source, c’est rendre accessible la recette de construction, de la naissance des idées, en passant par les méthodes de conception, jusqu’à la finalité du projet. Cela permet une transparence envers toutes les personnes impliquées ou s’intéressant à la boucle d’économie circulaire. C’est l’assurance que chaque maillon de cette boucle n’est pas intéressé par des intentions contraires à celles décrites dans le contrat de réciprocité établi entre chaque maillon.

Exemple de stratégie de conception

En Bretagne, région forte en FabLabs – répertoriés sur le wiki dédié – nous avons eu deux ambitieux plans territoriaux qui auraient pu soutenir l’économie circulaire et l’open source ainsi que les fablabs car tous étaient inscrits dans ces pages avec des engagements de développement et économiques sur 5 ans:

Malheureusement ce ne fut pas le cas. Tiers-lieu(X), économie circulaire, innovation, sont des actes quotidiens pour les uns et des éléments de discours pour les autres.

Le territoire et son Histoire

Les différents actes manqués de ces deux programmations paraissent trouver racine dans une “misconception”, ancrée dans une pensée à périmètre territorialisé artificiellement, ici délimitée par les frontières administratives de la région Bretagne. Autrement dit, le territoire comme machine-outil du politique semble restreindre toute impulsion de changement, d’innovation, d’invention. Alors que les enjeux actuels, les innovations, les flux d’informations, de matières et d’énergies, surpassent par leur importance ces frontières invisibles du territoire.

Territoire vient du latin « territorium », formé de la racine « terra » (qui signifie terre) et du suffixe « orium » (qui signifie locatif). Dans la langue française, le terme de territoire apparaît au XIIIe siècle. Dans son ancienne acception, le territoire est synonyme de Région, Contrée ou Province. À partir du XVIIe siècle, le terme désigne aussi la ville et sa banlieue (les champs et lieux situés dans le voisinage de la ville). À la même époque, il est également utilisé dans un sens politico-administratif : le territoire permet de définir le périmètre étatique qui est délimité par les frontières du pays.

Avec ce terme, récurrent aujourd’hui, parfois à tord, vient le parallèle entre la mouvance moderne de “ville intelligente”, ou plus exactement influente, qui voudrait peser dans les relations internationales et ce qui se passa au XIIIe siècle. Retournons en arrière dans l’Histoire pour tenter de mieux comprendre la racine de ce concept :

Il y a 700 ans, le développement des villes, au fort pouvoir économique, démographique et militaire, avait “nécessité” la création d’un État centralisé rendant justice, unifiant la monnaie. Une telle structure devant être financée et l’État ayant d’autant plus besoin de ressources financières alors que le système féodal se maintenait par la redistribution de richesses vers ses vassaux. Le grand patriciat commerçant possédait des ressources financières très abondantes qu’il prêtait aux princes et aux ecclésiastiques : il devint ainsi un acteur incontournable. Ne disposant pas d’une administration suffisante et voulant limiter la puissance des grands féodaux, les Capétiens, dynastie princières, déléguèrent aux bourgeois de plus en plus de pouvoirs politiques, fiscaux et judiciaires, et créèrent de véritables zones franches aux grands carrefours commerciaux.

Toutes similitudes avec des métropoles actuelles, qui sont des carrefours commerciaux importants, desquelles émergeraient des grands décideurs qui tiendraient le pouvoir politique à échelle d’un “territoire régionale”, seraient fortuites ?

Histoire de la lutte entre la forme ville et la forme état à la naissance du capitalisme qui passe par la forme état et non pas par la forme ville selon Deleuze… Le parallèle entre le XI – XIII e siècle et le XIXe – XXI e siècle pour mieux comprendre les structuralismes de nos sociétés. Mieux comprendre pour mieux proposer d’autres utopies concrètes, désirables et désirantes, et ne pas reproduire des patterns non adaptées à leur espace-temps. Pour aller plus loin : Un cours de Gilles Deleuze en podcast “La nomadologie – La cité, le temple, le palais”

Ainsi, tenter de faire vivre un modèle fonctionnel du XXIe siècle basé sur un modèle du XIIIe siècle, avec toutes les évolutions advenues de flux, d’accélération, de technologies, de sociétés et d’urgences climatiques et sociales, ferait pâlir nombre d’analystes, de stratégistes et de programmateurs.

Pourtant encore aujourd’hui, en France, nous persistons à penser qu’un changement de paradigme peut se faire sens un changement de culture qui se rapporte à la structure, à l’organisation ou au fonctionnement de la société. Nous répétons les schémas du XIIIe siècle en fonçant tête première dans un mur d’urgences. Dans une optique plus récente, l’économie circulaire c’est changer un paradigme qui règne depuis la 1ère révolution industrielle (voir la naissance du concept de déchet) ou, si ce n’est pas un changement de ce paradigme, c’est du green et social washing.

Il est ici question d’enjeux planétaires écologiques, humains et économiques… Il n’y a pas de planète B. Au 2 août 2017 nous avions déjà consommé toutes les ressources disponibles que la planète peut fournir en 1 an. C’est bien plus un défi de réconcilier biosphère, écosphère et technosphère par la collaboration dans un jardin commun qu’un jeu à tirer des couvertures entre frontières à l’intérieur d’un territoire de noblesse éco-égo-centrée.

Repolitiser le territoire par les Tiers-Lieu(X)

Oui la planète Terre et Eau est un immense jardin qui souffre de mille maux, peut être que la conception “Territoire” en est un.

Toute clôture à l’intérieur du jardin planétaire relève de l’illusion et s’apparente à une archaïque vision de la maîtrise du vivant.” – Gilles Clément, Jardins, paysage et génie naturel

La considération des Tiers-Lieu(X), et leurs pratiques de l’économie circulaire, comme levier de repolitisation par le service invite à la déconstruction de l’idée de territoire administratif. Dr Antoine Burret y a consacré sa thèse en analysant le Tiers-Lieux et en le définissant scientifiquement.

“[…]comme une configuration sociale particulière où se produit une rencontre entre des entités individuées qui s’engagent intentionnellement à la conception d’une représentation commune, c’est-à-dire à responsabilité partagée.” – Dr Antoine Burret

Déconstruire la “machine territoire”

Gilles Deleuze et Félix Guattari avaient tenté d’éclaircir certains aspects de leur recours aux machines comme outils théoriques dans un texte intitulé bilan–programme pour machine désirante, présent dans L’Anti-Œdipe et sous-titré Capitalisme et schizophrénie. Ils affirment que la machine est pensée pour s’opposer à tous les structuralismes de l’époque (Pour cerner le concept de machine désirante). Dans ce même livre écrit en 1972, ils créent le concept de déterritorialisation ainsi que le concept de Rhizome. Le Rhizome est une structure évoluant en permanence, dans toutes les directions horizontales, et dénuée de niveaux. Elle vise notamment à s’opposer à la hiérarchie en pyramide (ou « arborescence »).

Partir non plus d’un territoire mais d’un Paysage pour dessiner un nouveau paradigme :

“Le Tiers-Paysage intéresse le professionnel de l’aménagement, le concepteur, en ce qu’il l’amène à inclure au projet une part d’espace non aménagé ou encore à désigner comme espace d’utilité publique les délaissés que génère, quoi qu’on fasse, tout aménagement.” Gilles Clément

Si l’on détourne, ou si l’on applique, ce concept d’outils théoriques à la proposition de Gilles Clément sur le concept de Paysage comme espace commun, alors on ouvre une brèche dans le structuralisme territorial actuel. Se profile ainsi un paysage désirant et désirable qui facilite l’émergence et la transition plutôt que de la diriger.

“Comparé à l’ensemble des territoires soumis à la maîtrise et à l’exploitation de l’homme, le Tiers-Paysage constitue l’espace privilégié d’accueil de la diversité biologique. Les villes, les exploitations agricoles et forestières, les sites voués à l’industrie, au tourisme, à l’activité humaine, l’espace de maîtrise et de décision sélectionne la diversité et parfois l’exclut totalement. Le nombre d’espèces recensées dans un champ, une culture ou une forêt gérée est faible en comparaison du nombre recensé dans un délaissé qui leur est attenant” Gilles Clément

Autrement dit, une opportunité pour améliorer l’organisation et les conditions actuelles et mettre en oeuvre une construction d’un modèle nouveau adapté à son temps et ses exigences.

“Le Jardin Planétaire est un concept destiné à envisager de façon conjointe et enchevêtrée : -la diversité des êtres sur la planète -le rôle gestionnaire de l’homme face à cette diversité. Le concept de Jardin Planétaire est forgé à partir d’un triple constat : -la finitude écologique -le brassage planétaire -la couverture anthropique. Gilles Clément

Dans une organisation arborescente comme la structure territoriale administrative actuelle (ou comme la taxonomie et la classification des sciences), un élément qui serait de niveau supérieur est, en vérité, nécessairement subordonné à un autre élément ; mais non l’inverse : on dit qu’il n’a pas de compte à rendre vis à vis de ses « inférieurs » hiérarchiques.

De la même façon, le système pyramidal (comme ceux de la plupart des organisations socio-politiques ou industrielles) présente une « compatibilité descendante » : c’est-à-dire la compatibilité d’un produit vis-à-vis de ses anciennes versions ; mais pas « ascendante » : la compatibilité d’un produit vis-à-vis des versions plus récentes.

La « machine territoire » n’est alors conçue ni pour être désirable ni pour être un jardin d’innovation dont les fruits de sa croissance se montreraient explicites (improvisés et spontanés). Elle est pensée pour renforcer les structuralismes de l’époque. Cette machine engage la confrontation entre l’Homme et la biosphère, l’écosphère et la technosphère.

Déterritorialiser en reconstruisant un paysage

Ainsi postulant au recours, non plus au territoire administratif comme machine outil, mais au Paysage comme outil théorique, il ne s’agit plus de confronter l’Homme à ce paysage pour évaluer les correspondances et les prolongements possible de l’un à l’autre «mais de montrer comment l’homme fait pièce avec autre chose pour constituer un paysage». L’autre chose pouvant être “un outil, ou même un animal ou d’autres hommes”. Enfin, pour penser le paysage il faut montrer comment l’Homme, le territoire, la société, les animaux et les outils deviennent à un moment donné des composantes d’un fonctionnement paysagé fait de multiples agencements avec un langage commun entre eux.

Le rhizome est plutôt intrinsèquement souterrain (underground), mais les fruits de sa croissance se montrent explicites, (improvisés et spontanés) ; et au pire le rôle du rhizome serait d’être foncièrement catalyseur (en veille). Paradoxalement le rhizome allie arborescence complexe (telle que celles observées dans la croissance végétale, en l’air ou sous terre ; ou nerveuse, dans sa neuro-plasticité…), avec processus simplifiés (sans strates subsidiaires). Wikipedia Rhizome (philosophie)

Dans cet agencement paysagé les Tiers-Lieu(X), fablabs, hackerspaces, makerspaces, trouvent une part de leur conceptualisation politique valorisée comme acteurs de dialogue et de consensus, mais aussi facilitateurs de la transition, sans y être uniquement agent ultime ni mono-spécialisé à cette responsabilité, par le prisme, pratiqué et essaimé, de l’économie circulaire open source. Dans ce nouveau Paysage tendant vers la résilience les flux de matières, d’informations et d’énergies, peuvent être optimisés et le ré-investissement dans le capital naturel devient une utopie concrète.

Il en ressort donc la déterritorialisation relative de la “Machine territoriale administrative” pour laisser concevoir et instituer un Paysage pensé pour s’opposer à tous les structuralismes de l’époque. Déterritorialisation relative qui favorise collaborations transversales, transdisciplinaires, innovations, émergences et solutions soutenables dans un nouveau paradigme sociétal. Ainsi il y a une “reterritorialisation” plausible des agencements plus anciens sous formes transformées dans un concept de Paysage (cf Mille Plateaux Wikipedia)

« On est devenu soi-même imperceptible et clandestin dans un voyage immobile. Plus rien ne peut se passer, ni s’être passé. Plus personne ne peut rien pour moi ni contre moi. Mes territoires sont hors de prise, et pas parce qu’ils sont imaginaires, au contraire : parce que je suis en train de les tracer. Finies les grandes ou les petites guerres. Finis les voyages, toujours à la traîne de quelque chose. Je n’ai plus aucun secret, à force d’avoir perdu le visage, forme et matière. Je ne suis plus qu’une ligne. Je suis devenu capable d’aimer, non pas d’un amour universel abstrait, mais celui que je vais choisir, et qui va me choisir, en aveugle, mon double, qui n’a pas plus de moi que moi. On s’est sauvé par amour et pour l’amour, en abandonnant l’amour et le moi. On n’est plus qu’une ligne abstraite, comme une flèche qui traverse le vide. Déterritorialisation absolue. On est devenu comme tout le monde, mais à la manière dont personne ne peut devenir comme tout le monde. On a peint le monde sur soi, et pas soi sur le monde. » — Mille Plateaux « Trois nouvelles ou Qu’est-ce qui s’est passé ?», p. 244

Paysage ou Tiers-Paysages qui se font habiter par celles et ceux qui le modifient, les citoyens qui font la cité et la campagne, entre en prise en compte et considération commune, tel un récit commun co-réfléchit et co-construit. Les notions archaïque et les concepts obsolescents s’effacent sous la pratique de l’open source pour laisser place à de nouvelles considérations basées sur une légitimité du Faire.

La prise en considération du Tiers-Paysage en tant que nécessité biologique conditionnant l’avenir des êtres vivants modifie la lecture du territoire et valorise des lieux habituellement considérés comme négligeables. Il revient au politique d’organiser la partition des sols de façon à ménager dans son aire d’influence des espaces d’indécision, ce qui revient à ménager le futur. Gilles Clément, Tiers-Paysage

A ce titre l’économie circulaire open source pratiquée par les communautés collaboratives des fablabs, hackerspaces et Tiers-Lieux devraient être incluses dans la co-conception des programmes afférents au concept de paysage, comme les SRDEII ou SRESRI ou autres plans devenus une part des agencements des paysages régionaux, ou plus à propos des tiers-Paysages. Ces communautés devraient donc pouvoir user des financements et des marchés économiques liés à ces programmes au même pied d’égalité qu’un cluster d’entreprises classiques. Pour créer l’économie circulaire de demain, l’enjeu est de former les individus pour la pratiquer et favoriser la création de projets ou d’entreprises réellement innovants.

Il restera à co-établir l’éthique qui accompagne ce processus et co-concevoir une gouvernance ouverte et adaptée. Nous y travaillons déjà…


NDLR : Cet article, sous licence libre CC BY SA, peut être partagé et adapté sous les mêmes conditions en nommant ses auteurs (voir les termes de la licence). Ce travail appelle à d’autres exercices de réflexions et écriture collectives autour des nombreux concepts abordés. Nous poursuivrons l’effort amorcé, avec vous si vous le souhaitez. N’hésitez pas à nous poser vos questions : Facebook, Twitter, lebiome.hacklab(at)protonmail.com

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